Homélie du père Arnaud – Nuit de Noël

 Dans Homélies

Chers frères et sœurs, en cette nuit de Noël, nous contemplons un nouveau-né, un petit enfant.

Vous le savez sans doute, enfant, cela vient du latin et signifie : celui qui ne parle pas. Le Fils bien-aimé du Père, celui que nous appelons aussi le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, il s’est fait petit enfant, d’abord complètement silencieux dans le sein de sa mère durant neuf mois. Ensuite il a choisi d’apprendre les mots des hommes en les écoutant, puis en les balbutiant, comme nous l’avons tous fait, et comme nous nous émerveillons toujours de le voir faire par les petits enfants que nous voyons grandir.

Et pourtant cet Enfant a tant à nous dire ! Aussi devant ce grand mystère de l’Enfant Jésus dans la crèche, et dans ces circonstances si spéciales que traverse notre monde, je me suis posé cette question : qu’aurait à nous dire l’Enfant de la crèche ? Et bien sûr, nous pouvons le deviner en écoutant l’évangile.

Je crois qu’il nous dirait d’abord des mots de compassion. Nous sommes habitués, nous les occidentaux, à nous rappeler les malheurs et les pauvretés du tiers monde. Comme vous sans doute, j’entends cela depuis que je suis petit. Et voilà que nous sommes aujourd’hui éprouvés, à tel point que j’ai reçu du Burkina Faso le message suivant cette semaine, venant du père Paul Kinda, curé de Kokologo. Ecoutez bien, car c’est aussi à vous qu’il s’adresse : « A toi et à tes confrères ainsi qu’à tous les fidèles, je souhaite une bonne fin du temps de l’Avent et Joyeuses fêtes de fin d’année. En suivant l’actualité de la pandémie, nous sommes vraiment désolés pour ce qui se passe en Europe et aux États-Unis. Les populations souffrent. Que Dieu nous vienne en aide ! »

Cela m’a d’autant plus touché que le Burkina vient de vivre une année traumatisée par les attaques islamistes. Mais dans les épreuves qu’ils traversent, ils ont cette attitude de compassion pour nous. Ils ont cette attitude de compassion parce qu’ils sont unis à Jésus. Oui, l’Enfant de la crèche nous redit les mots du prophète Isaïe avec une tendre compassion : tu as du prix à mes yeux, et je t’aime.

Mais je crois que le deuxième message que nous adresse aujourd’hui l’Enfant de la crèche, c’est de ne pas avoir peur.

Et il a bien droit de nous adresser ce message, car lui, le premier, aurait toutes les raisons d’avoir peur. N’oublions pas qu’Hérode voudra le faire périr. Mais Dieu s’en est remis à la tendresse et au courage de Marie et Joseph. Et comme toute l’Ecriture ne cesse de le répéter, Comme Jésus adulte le redira souvent à ses disciples, l’Enfant de la crèche nous dit de toutes ses forces dans son silence : n’ayez pas peur.

Celui qui a peur perd tous ses moyens. Contrairement à ce qu’on lit dans Astérix chez les normands, la peur paralyse, beaucoup plus qu’elle ne donne des ailes ! Sortez de vos maisons, respirez à pleins poumons comme le nouveau-né qui inspire l’air pour la première fois.

Le comportement prudent, au volant, n’est pas la même chose que de laisser la voiture au garage ! Aimer, c’est risquer. Vivre, c’est risquer. Ne pas vouloir risquer, ce serait arrêter de vivre.

Ces jours derniers, Jimmy Lai, figure de proue de la démocratie et de la résistance à Hong Kong, a été arrêté par la police aux ordres du régime communiste chinois. Cet homme s’est converti au Christ, il a reçu le baptême dans l’Eglise catholique. Et aujourd’hui, le pouvoir chinois nous le montre debout, enchaîné comme son Seigneur. Il a appris de Jésus à ne pas avoir peur, et il dit à la face du monde : je suis prêt pour la prison, je n’ai pas peur.

Avoir peur, c’est être prêt à céder à toutes les manipulations. Je dirais même, avoir peur, c’est déjà être manipulé. Et si les informations diffusées à la télévision sur la pandémie vous font peur, je vous propose tout simplement de vous débarrasser de cette télévision. Vous verrez, cela ira très vite beaucoup mieux !

L’Enfant de la crèche nous apprend la confiance, non par ce que nous serions très forts, mais justement parce qu’en connaissant et en acceptant notre faiblesse, nous nous en remettons à Dieu qui prend soin de nous, comme une mère prend soin de son enfant.

Enfin l’Enfant de la crèche nous annonce : « voici que je fais toutes choses nouvelles ». Vous aurez peut-être reconnu les mots du Christ vainqueur dans le livre de l’apocalypse, tout à la fin de la bible.

Plusieurs fois ces derniers temps et encore aujourd’hui, je suis allé au chevet de personnes en fin de vie. Quel mystère sur ces visages marqués par toute une longue histoire ! Des visages souvent fatigués, ridés. Un regard superficiel n’y voit que la vieillesse et l’approche de la mort. Mais j’entends st Paul me dire « l’homme extérieur va vers sa ruine, mais l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour » ; et à l’approche du terme de leur vie terrestre, alors même que ces personnes n’entendent peut-être plus ce que je peux leur dire, le Christ leur parle intérieurement : « voici que je fais toutes choses nouvelles ».

C’est dès sa venue dans la pauvreté et l’humilité de la crèche que Dieu fait toutes choses nouvelles. C’est déjà le propre d’une naissance que d’apporter la nouveauté dans le monde. Et cette naissance est celle de Dieu au cœur de la vie de l’homme. Nous n’avons pas fini d’accueillir ce mystère. C’est absolument inouï ! Toute la vie divine est dans ce petit Enfant. Et cette vie s’est donnée, et chacun de nous l’a reçue au jour de son baptême. Dieu est en vous, en moi. Sa plénitude d’amour, sa beauté, sa joie sont toutes entières en vous, ne demandant qu’à déployer leur splendeur. Voilà pourquoi chaque vie humaine est si précieuse et si belle !

En cette nuit de Noël, contemplons cet Enfant-Dieu, surtout, écoutons ce qu’il a à nous dire.

Des mots de compassion : tu as du prix à mes yeux, et je t’aime.

Des mots d’encouragement : N’ayez pas peur !

Des mots d’espérance. Voici que je fais toutes choses nouvelles…

AMEN

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
parut un édit de l’empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
– ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,
vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.
Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie,
qui lui avait été accordée en mariage
et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là,
le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers
qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs
pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit :
« Ne craignez pas,
car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David,
vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né
emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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