Homélie « Justice et Paix » du père Arnaud – 11 novembre 2018

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Aujourd’hui nous faisons mémoire de la fin d’un conflit abominable il y a juste un siècle. Ce conflit a été la cause de deuils, de vies brisées, broyées.

 

Hélas nous ne pouvons oublier aujourd’hui que beaucoup d’autres conflits meurtriers endeuillent en ce moment même notre humanité, qu’il y en a sans cesse de nouveaux qui engendrent d’innombrables souffrances directement ou indirectement, comme c’est le cas actuellement au Yemen par exemple, un exemple malheureusement parmi beaucoup d’autres.

 

Alors que devons-nous faire ? Comme le disait le poète Charles Péguy qui fut lui-même l’une des victimes de cette guerre, puisqu’il y a un désastre spirituel, il faut chercher la cause spirituelle. Il faut remédier à cette cause au plan spirituel.

 

Quand je pense au résultat de toutes ces guerres, quand je pense à la mort des soldats, mais aussi au massacre des civils et tout particulièrement des enfants, je ne peux pas m’empêcher de penser à celui que la bible appelle « homicide dès le commencement », c’est-à-dire « tueur de l’homme ». Bien sur ce sont des hommes qui mitraillent, bombardent, inventent toutes sortes d’engins pour tuer. Mais précisément le mot qui vient pour parler de ces engins de mort, c’est le mot de diabolique. Il n’est pas très à la mode d’évoquer le démon aujourd’hui, même dans l’Eglise. Cela fait sourire quelques esprits qui se croient forts, et pourtant, c’est bien le démon qui se réjouit de la mort des hommes, c’est bien lui qui attise la haine dans le cœur des hommes jusqu’à ce qu’ils entrent dans une lutte à mort.

 

Nous devons chercher la paix. La bible nous dit : « recherche la paix, et poursuis-là ». Poursuis-là, cela veut bien dire que la paix ne se trouve pas si facilement, qu’il ne suffit pas évidemment d’être pacifiste pour que la paix règne. Arriver à la paix demande un engagement de tout notre être.

 

Nous ne trouverons pas la paix sans accepter d’entrer dans un combat spirituel. Nous devons entrer personnellement dans un combat intérieur contre l’égoïsme et l’orgueil qui minent notre cœur. Nous devons entrer aussi ensemble dans un combat extérieur pour bâtir ensemble des relations entre les hommes fondées sur la justice.

Ce combat intérieur concerne chacun d’entre-nous, quel que soit son âge et sa situation. La paix se gagne d’abord dans nos maisons, dans nos familles, dans nos entreprises, dans nos quartiers et nos communes. La paix se gagne par l’attention à l’autre, par l’écoute bienveillante, par la générosité et l’humilité.

 

Quand au combat extérieur, c’est essentiellement un combat pour la justice. Un autre verset biblique dit ceci : « justice et paix s’embrassent ». Justice et paix sont inséparables.

 

En effet tant que la justice n’est pas rendue, il est impossible de demeurer dans la paix. C’est vrai quand on est soi-même, ou un proche, victime d’une injustice. A la limite on peut se faire une raison pour quelque chose de passé. Mais si l’injustice dure, si elle vous touche au plus profond, l’injustice ronge et empêche de trouver la paix.

 

Pas de paix donc sans justice. Mais pas non plus de justice sans paix. Nous ne savons que trop que tout conflit occasionne immanquablement de multiples injustices, à commencer par celles que nous appelons souvent avec une pudeur indécente les « dégâts collatéraux ».

 

C’est pourquoi le pape Jean-Paul II avait essayé d’éviter le déclenchement du conflit irakien en rappelant que la guerre est une aventure sans retour. Parmi bien d’autres souffrances, ce conflit irakien a causé la mort de 500 000 enfants de moins de 5 ans, selon l’organisation des nations unies. Comment l’humanité arrivera-t-elle à se sortir d’un tel désastre ? Car il y a un cercle vicieux de l’injustice et de la violence. Le monstre de Daesh a prospéré sur le chaos que l’occident a déclenché en Irak.  De cet engrenage diabolique il n’est possible de sortir que par la douceur ainsi que le disait St Jean Chrysostome au 4ème siècle : « ce n’est pas par la violence que l’on vient à bout de la violence, mais par la douceur ».

Je connais personnellement plusieurs jeunes qui œuvrent actuellement en Irak pour panser les blessures. Cet engagement de jeunes pour bâtir la paix fait mon admiration et fortifie mon espérance. Ils tiennent ensemble la conversion personnelle et l’action communautaire pour rechercher la paix.

Car la réconciliation et la paix exigent de nous un surcroit d’amour, elles exigent de nous, en fin de compte, de donner notre vie avec le Christ, le prince de la Paix.                                                                  AMEN

 

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