Homélie du père Arnaud – 3ème dimanche du carême

 Dans Homélies

L’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné, comme l’eau vive à la femme de Samarie.

Frères et sœurs, à chaque fois que j’entends ce passage de l’évangile selon St Jean, je me rappelle une petite histoire.

Lorsque j’étais au séminaire, j’ai passé une année scolaire dans une école médicalisée chez les frères de Saint Jean de Dieu, à Paris. Et dans le service où je travaillais, il y avait surtout des jeunes atteints de myopathie. L’un d’entre eux était berbère, marocain d’origine, et musulman. Il s’appelait Mohammed, ce qui n’est pas très original pour un musulman. A quinze ans, il ne pesait que quinze kilos. Bien que déjà très gravement atteint par la maladie, il était plein de vie et mettait beaucoup d’animation dans le service. Comme il avait le sens de l’humour, je n’hésitais pas à le plaisanter, y compris sur des questions religieuses. Un jour à table il se tourne vers moi et me dis :

« Donne-moi à boire ! »

Je le regarde en souriant, sans rien faire, et je lui dis : si tu savais ce que tu me demandes, et qui a dit cela avant toi !

Et alors, sans me répondre il reprend de plus belle en protestant :

« J’ai soif ! »

Dieu aussi a le sens de l’humour. Dans la bouche de ce jeune adolescent musulman handicapé, il venait de me donner la lumière la plus vive sur le cœur de Jésus.

Le « donne moi à boire » murmuré par Jésus à la samaritaine, nous le retrouvons dans la supplication de Jésus sur la croix : « j’ai soif ! »

Quel paradoxe, quelle folie ! C’est Dieu qui demande à boire, c’est Dieu qui a soif !

Dieu vient mendier de l’eau à une femme, une samaritaine, une hérétique. Cette femme, tout les gens « bien » la regardaient de travers, à la fois parce qu’elle avait une mauvaise vie, et sans doute aussi parce qu’elle était jolie, cette femme de mauvaise vie. On n’a pas 5 ou 6 maris sans raison.

Pour donner son amour, pour donner son eau vive, pour répandre dans nos cœurs son Esprit Saint, Dieu a besoin d’un cœur ouvert. Et cette femme a tellement été blessée, elle a tellement souffert, que son cœur est fermé. Si j’ose dire, son cœur est blindé de l’intérieur. Alors Dieu ne cherche pas à entrer par la force. Dieu ne vient jamais par effraction. Dieu n’est pas un cambrioleur. Dieu vient auprès de cette femme au cœur fermé, et Dieu se fait mendiant. Alors le miracle se produit. Cette femme au cœur fermé va s’ouvrir pour donner un peu d’elle-même, un peu de confiance. Et dans cette porte entrebâillée, Dieu va pouvoir enfin verser ses fleuves d’eau vive.

Dieu n’a pas besoin de notre perfection. Dieu n’a rien à faire de nos vertus. Dieu désire que nous lui ouvrions notre cœur.

Avant de communier, avant de rencontrer le Christ, acceptons de lui ouvrir notre cœur blessé. Chacun de nous a bien cinq maris. Chacun de nous a bien cinq blessures d’amour mal cicatrisées, et une autre encore ouverte et douloureuse. Chacun de nous a un cœur endurci comme une terre asséchée, et qui a grand besoin de l’eau vive de la grâce de Dieu.

Nous sommes en carême, un carême bien particulier puisque nous le passons désormais presque en « quarantaine », à l’écart.

Nous ne l’avons pas choisi, mais nous pouvons choisir d’accueillir ce temps pour ce qui est le plus important. Peut-être passer du temps avec nos enfants s’ils sont à la maison. En tout cas passer du temps avec Dieu : dégager la source pour faire renaître en nous le désir. Durant ce carême, nous pouvons prier les uns pour les autres et plus spécialement les personnes angoissées, isolées, malades. Prier pour que nous écoutions le Seigneur qui nous dit à nous aussi : « Donne-moi à boire. J’ai soif ! »                                                     AMEN

 

Annonces : N’attendez pas les derniers jours avant la fête de Pâques pour recevoir le sacrement du pardon. Deux après midi vous sont proposés  samedi 21 mars à Pornic de 14h30 à 17h avec un  temps est spécialement prévu pour les enfants à 14h et samedi 4 avril de 14h30 à 17h à La Plaine.  Plusieurs prêtres seront là pour vous accueillir.

Vous trouverez les dernières informations  paroissiales liées au coronavirus dans l’article « virus et vie chrétienne » qui sera mis à jour régulièrement.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit :
« Donne-moi à boire. »
– En effet, ses disciples étaient partis à la ville
pour acheter des provisions.
La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,
à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
Jésus lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé,
et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,
et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
Serais-tu plus grand que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau
aura de nouveau soif ;
mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai
deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau,
que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
Jésus lui dit :
« Va, appelle ton mari, et reviens. »
La femme répliqua :
« Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit :
« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
des maris, tu en a eu cinq,
et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;
là, tu dis vrai. »
La femme lui dit :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !…
Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
Jésus lui dit :
« Femme, crois-moi :
l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem
pour adorer le Père.
Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs
adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
Dieu est esprit,
et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie,
celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra,
c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
Jésus lui dit :
« Je le suis,
moi qui te parle. »
À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;
ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »
ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

    La femme, laissant là sa cruche,
revint à la ville et dit aux gens :
« Venez voir un homme
qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
Ne serait-il pas le Christ ? »
Ils sortirent de la ville,
et ils se dirigeaient vers lui.

    Entre-temps, les disciples l’appelaient :
« Rabbi, viens manger. »
Mais il répondit :
« Pour moi, j’ai de quoi manger :
c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se disaient entre eux :
« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit :
« Ma nourriture,
c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé
et d’accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas :
‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis :
Levez les yeux
et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.
Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle,
si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
Il est bien vrai, le dicton :
‘L’un sème, l’autre moissonne.’
Je vous ai envoyés moissonner
ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,
et vous en avez bénéficié. »

    Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,
à cause de la parole de la femme
qui rendait ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »
Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,
ils l’invitèrent à demeurer chez eux.
Il y demeura deux jours.
Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire
à cause de sa parole à lui,
et ils disaient à la femme :
« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit
que nous croyons :
nous-mêmes, nous l’avons entendu,
et nous savons que c’est vraiment lui
le Sauveur du monde. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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