Bouc émissaire…

 Dans Brèves, Textes

Retrouvez ci-dessous l’édito et des liens vers deux petites vidéos pour mieux comprendre :

L’analyse de la théorie du bouc émissaire en 3 mn

Sur KTO, comprendre le bouc émissaire en 4 mn

« Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant et il prononcera sur celui-ci tous les péchés des fils d’Israël, toutes leurs transgressions et toutes leurs fautes ; il en chargera la tête du bouc, et il le remettra à un homme préposé qui l’emmènera au désert. » (Lv 16, 21-22)

Cette prescription ancestrale du Judaïsme ancien permettait de reporter sur un animal un mécanisme social universel qui conduit à « réconcilier » un groupe humain aux dépens d’une personne ou d’une catégorie de personnes qui sont rendues responsables de tous les maux et exclues du groupe majoritaire. Le philosophe René Girard a longuement exploré ce phénomène en lien avec le sacré et la violence. Il a montré combien l’offrande du Christ pour tous les hommes vient rompre cette spirale de l’idole qui exige un sacrifice.

Mais si l’offrande pascale nous délivre de la fatalité du bouc émissaire, c’est uniquement dans la mesure où précisément nous entrons nous-mêmes dans cette offrande pascale, en tournant le dos au païen qui sommeille en nous ; saint Paul dirait : le vieil homme.

Il est plus confortable pour un leader, qu’il s’agisse d’un homme politique, d’un chef d’entreprise, d’un professeur, d’un curé de paroisses ou même de parents, de céder à la tentation que lui suggère le groupe de désigner un bouc émissaire. Par exemple dans une classe la « tête de turc » peut coaliser contre elle l’agressivité des élèves avec la complicité d’un professeur. On peut aussi obtenir une « unité nationale » aux dépens des étrangers, des migrants, des juifs, etc. L’histoire regorge hélas de tels exemples qui ont été à l’origine de très graves injustices.

L’évangile et 2000 ans de christianisme nous ont certes instruits, mais c’est à chaque génération, et même à chacun de nous, de choisir la Pâque du Christ. Mais choisir comme le Christ de donner sa vie pour tous jusqu’à accueillir les publicains et les prostituées, ou comme st Paul d’être « tout à tous » vient toujours déranger cette tendance d’un groupe social qui se construit une unité factice sur l’exclusion de quelques uns. Faire ce choix, c’est accepter par avance la contestation, voire dans certains cas une forme de persécution, qui le plus souvent saura s’habiller d’arguments « religieux ».

Le Seigneur Jésus a été condamné par les grands prêtres, et d’innombrables saints après lui ont été persécutés dans l’Eglise, sainte Jeanne d’Arc en étant une figure emblématique. Refuser de cautionner la tendance d’un groupe à désigner un bouc émissaire, c’est assumer le risque de prendre sa place, à tout le moins d’en être solidaire. « Ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20)

Cette petite réflexion est l’occasion pour chacun d’un examen de conscience : mes critiques et mes contestations sont-elles vraiment fondées ? Suis-je dans la bienveillance et la vérité ? Deux grands saints nous ont laissé des principes qui peuvent nous guider : « Il faut présupposer que celui qui cherche à grandir en humanité doit être plus enclin à sauver la proposition du prochain qu’à la condamner » (Saint Ignace de Loyola)

« Si l’action de ton prochain a cent visages, toi, regarde le meilleur » (Saint François de Sales)

p. Arnaud +

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