L’origine de « Sainte-Marie de Pornic » remonte au temps de Saint Philbert lorsque les moines de Noirmoutier débarquèrent sur notre côte au  » Bosquet de Sion », sans doute au « Portus Magnus »  le grand port qui deviendra Portmain. Ils fondèrent à la fin du VIIème siècle ou au début du VIIIème  un prieuré dédié à Marie. Ils y resteront jusqu’au XIème siècle quand le seigneur de Bougon, nommé Glevihen,  donne aux moines de St Sauveur de Redon l’église de Ste Marie. Ces bénédictins furent vite remplacés par des chanoines réguliers de Saint Augustin. Sainte-Marie devient alors  » l’abbaye de Pornic « . Les chanoines assurent jalousement le service paroissial, car à Pornic même, deux établissements religieux viennent de se créer, l’un à la chapelle du château, l’autre à Saint-André, prieuré donné par le sire de Rais à l’abbaye Saint-Serge d’Angers. Des situations conflictuelles existeront parfois entre Ste Marie et Pornic. Par exemple, on ne pourra commencer la messe à Pornic avant que les augustins n’aient achevé leur office dominical dans l’abbatiale.
Ste Marie atteint son apogée au XIVème siècle. Elle est riche de plusieurs prieurés dont les principaux sont : Saint-Pierre du Clion, Saint-Gildas de Haute-Perche, Rohars, l’église de La Plaine, Guermiton en Frossay, Saint-Laurent de Bourgneuf et Saint-Martin de Chauvé. Puis vient la Commende. En 1569, l’abbé commendataire prend un desservant pour s’occuper de la paroisse. Et en 1680, celle-ci est sécularisée.
Héritière de l’abbaye, l’église de Sainte-Marie possède la statue de Notre-dame du Tabernacle. Sous la Révolution, le curé Guillaume Mouilleron, nommé en 1787 refuse le serment (Constitution civile du clergé), est arrêté, exilé en Espagne. Il y travaille dans une chocolaterie puis va en Angleterre créer une fabrique prospère de chocolat, ce qui lui permettra d’aider d’autres prêtres en exil. Lui succédera après la Terreur l’abbé Baudouin qui devient également maire de Ste Marie.
L’église qui était déjà en mauvais état au milieu du XVIIIème siècle (notamment la toiture) menaçait ruine. Le 9 août 1869 fut bénite la première pierre de la nouvelle église. Elle fut l’œuvre du curé Gergaud. Terminée en 1884, elle est de style néo-gothique, comme l’église Saint-Nicolas de Nantes qui servit de modèle pour de nombreuses reconstructions. Dans le même style  » gothique de la période fleurie », fut érigé un autel pour Notre-Dame du Tabernacle en 1949.
Emile Boutin 

 

A voir dans l’église : 

La tombe du Croisé
Le château des Bretesches s’élevait près de St Viaud (44). Le seigneur Guillaume – qui avait probablement guerroyé avec saint Louis – bien qu’ayant donné à l’abbaye de Villeneuve (le Bignon) des droits qu’il possédait sur Saint Philbert de Grandlieu, préféra reposer définitivement en l’abbaye la plus proche de St Viaud : celle de Ste Marie de Pornic. Après maintes destructions , transformations et édifications, le tombeau de ce chevalier se retrouva dans le cimetière qui entourait l’église. Il y fut mutilé malgré la solidité du granit qui le compose. En 1876 , Jean-Baptiste Chevas l’avait vu gisant parmi des broussailles. C’est en 1903 que l’abbé Boulas , fit relever cette stèle, la fit réparer par le sculpteur Nantais Joseph Vallet et la disposa dans l’église adossée au pignon du transept.
Le tombeau présente les caractéristiques architecturales du XIV° siécle : Guillaume des Bretesches étant décédé fin du XIII° siècle. Le gisant est supposé se tenir debout : ses vêtements souples tombent à la verticale.il s’abrite sous un arc trèflè , comme les arcs qui encadrent les fenêtres de l’époque. Cette disposition lui donne toute sa valeur sculpturale.

La statue Notre Dame du Tabernacle
Unique, la statue de la vierge-tabernacle qui se trouve en l’église de Sainte-Marie proviendrait d’un galion espagnol qui avait fait naufrage. Sa particularité est d’avoir la poitrine creusée pour accueillir une hostie, d’où son nom.

L’autel sous la statue ND du tabernacle
L’autel a été sculpté sur ordre de l’abbé Charrier. Celui-ci a désiré un monument du style du XIV° siècle, en harmonie avec la statue de Notre Dame du Tabernacle.
L’ensemble est du à l’architecte Monsieur Godelaine et à l’entrepreneur Monsieur Girondineau ; ce monument forme un ensemble imité du gothique, avec les sveltes pinacles multipliés, les anges thuriféraires et une décoration de vignes au feuillage découpé et aux grappes serrées.
Des armoiries constituent l’essentiel de son ornement. Au centre ce sont celles de la paroisse au début du XX° siècle: «  mi parti, de gueules au porc – épic d’argent, et d’azur à la Vierge – Tabernacle d’or, à l’oculus d’argent émergeant d’une onde de même, sous un chef mi-parti d’hermines, et d’or à la croix de sable, bordées de gueules ». Ces armoiries semblent avoir été composées et dessinées par Mr Godelaine, architecte-décorateur-sculpteur,  à la Birochère au Clion/Mer. Sur un côté, on distingue les armes du pape régnant, Pie XII, sous la tiare et parmi les clefs. La colombe avec sa feuille d’olivier se tient penchée sur le mont Ararat, au milieu des eaux du déluge : la devise de Mgr Pacelli donne le sens  « Opus justitiæ pax » (la paix est l’œuvre de la justice). De l’autre côté, ce sont les armes de l’évêque d’alors, Mgr Villepelet. Le blanc et le bleu dominent  avec un semis d’hermines bretonnes et le bel agneau berrichon ; le tout est chargé, au centre, de la vierge de Bourges, Notre Dame la Blanche, à laquelle s’adresse la prière «  Duc nos quo tendinus » (O Mère, conduisez-nous au but )

 

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