Père Paul Gouy

Paul GOUY, prêtre, né en 1932 : les étapes de ma vie

Je suis arrivé aux Moutiers en 1936. Je suis un pur produit de l’école primaire  laïque, inscrit dans la foulée au Lycée Clémenceau à Nantes en 1943 pour la rentrée en 6ème. Ébloui par un jeune curé « charismatique », j’entre finalement au Petit Séminaire de Legé et en 1946 je suis accueilli au Petit Séminaire des Couëts, à Bouguenais. J’envisage peu à peu, sereinement, la possibilité de devenir prêtre. J’entre au Grand Séminaire de Nantes en 1950 en m’interrogeant toujours sur mon avenir ; quelques mois plus tard, lors d’une retraite spirituelle, je saute le pas et la décision est prise. En 1952, j’étais envoyé à la Faculté de Théologie d’Angers pour 4 ans d’études de théologie. Je ne rentrerai dans le diocèse de Nantes qu’en 1958, étant donné les 2 ans de service militaire entre temps. J’ai été ordonné prêtre le 29 juin 1957.

De 1958 à 1968, j’ai été professeur au collège-lycée catholique de Châteaubriant. J’ai failli y perdre mon âme, parce que les professeurs étant rares à cette époque, je « bouchais les trous » en tant que préfet des études et j’enseignais ce que je n’avais jamais appris, d’où un travail énorme. Mais j’étais passionné par l’enseignement : c’était ma vocation première quand j’étais à l’école primaire. Pendant les vacances, je retrouvais la paroisse dans le « 93 » ou à Pornichet (j’aimais bien fréquenter des milieux sociaux très divers)

De 1968 à 1978, je trouvais enfin à plein temps le ministère paroissial à La Montagne, en Basse-Loire, où je fus nommé vicaire. La « Mission Ouvrière » y était fréquente et quelque peu totalitaire. Je m’en accommodais et l’amitié, l’estime réciproque l’emportaient sur l’idéologie.

Je demande à changer d’air et me voici vicaire à Notre-Dame de Toutes-Joies de 1978 à 1981 et curé de Notre-Dame de Bon Port (St Louis) de 1981 à 1987, très en phase avec mes paroissiens. Je suis une « personnalité nantaise » ! (Cf. les manifestations culturelles autour de l’orgue de ND de Bon Port et du Musée Dobrée)

Je quitte les mondanités et me voici de 1987 à 1991, responsable du Service Diocésain des Vocations, alors que les vocations sacerdotales et religieuses ont déjà considérablement diminué. On me demande en quelque sorte à l’époque, d’être un « commercial », ce que je ne savais pas bien faire, étant d’un naturel timide et réservé.

En 1991, je passe à l’autre bout de la chaîne. Des jeunes en discernement de leur vocation, j’arrive chez les prêtres âgés comme Directeur de la Maison du Bon Pasteur et autres Maisons satellites. Un travail de construction et de restauration y est prévu : de 1993 à 1995, nous avons une réunion de chantier chaque semaine. Par ailleurs, la gestion du personnel est complexe : alors que j’étais au Bon Pasteur depuis peu, je me vois encore, face à mes 30 « femmes », échangeant à fleurets mouchetés devant le contrôleur du travail qui arbitrait les débats et comptait les coups.

Depuis septembre 2005, j’ai demandé à être déchargé de toute responsabilité et j’habite, en retrait, aux Moutiers dans une maison qui m’appartient. Je me contente de gambader d’une église à l’autre sur la côte sud, dans les maisons de retraite et tout simplement de voir les gens ou de les recevoir chez moi.

En résumé, une grande variété de situations, quelques difficultés et beaucoup de bonheur…

A l’occasion de la journée Fêtons nos Prêtres du 20 juin 2010 qui s’est déroulée à Monval, chaque prêtre de Saint Gildas de la Mer et Saint Jean Baptiste en Retz nous livrait quelques clefs pour répondre à la question : « Pour vous, qui suis-je? ». Voici ce que répondait le père Gouy :

Quelques aperçus sur la foi d’un prêtre en retrait pour raisons d’âge et de santé.

Depuis ces quelques années, où je ne suis plus en responsabilité mais libre d’organiser mon temps et de choisir les services que je suis disposé à rendre sur les deux paroisses St Jean le Baptiste en Retz et St Gildas de la Mer, la découverte de Dieu notre Père et de son Fils Jésus-Christ, le prière que je leur adresse ont changé, se sont approfondies.

Quand j’étais affecté, « nommé » à un champ apostolique donné, mon caractère assez inquiet et perfectionniste faisait que je m’épuisais à dire des choses sur Dieu, à faire des choses pour le Royaume de Dieu. Maintenant je recherche bien davantage le « cœur à cœur » avec Dieu ou avec le Christ.  Non que je sois seul dans ce face à face ; ma vie est comme une maison habitée et vivante, de vous, par vous tous. « Vous êtes mes amis … » nous dit le Christ : il prend plaisir à nous rencontrer, il désire nous rencontrer ; il est l’ami véritable et fidèle quoi que nous fassions, il est là quoi qu’il se passe, il nous dit qui nous sommes, qui il est. Non seulement les vivants d’ici bas m’accompagnent dans ma prière, mais Marie, Saint Paul, mon Saint patron, mes parents, mon frère mort à quelques mois et les chrétiens que j’ai connus de près et qui sont entrés dans la vie éternelle.

Au long du jour, j’aime répéter de temps en temps une prière inspirée de la Prière du pèlerin russe : « Seigneur Jésus-Christ Sauveur, Fils du Dieu vivant, prends pitié de moi, pécheur ».

La Parole de Dieu, c’est Jésus Christ et l’Ecriture, ancien et nouveau Testament, est le moyen privilégié d’accès à cette Parole incarnée qui est elle-même chemin d’accès au Père. Dans mes homélies dominicales ou quotidiennes, j’aime ruminer, commenter la Parole de Dieu qui se fragilise à ce point et se compromet autant avec les hommes qu’il a créés.

Le témoignage de mes frères prêtres proches ou plus lointains, des diacres, des laïcs  engagés en pastorale me fait découvrir d’autres facettes du visage du Christ, m’éclaire tout-à-coup sur la mise en œuvre de telle parole du Christ.

Et je pense à ces chrétiens qui ne visent pas d’abord à réussir dans la vie mais à réussir leur vie selon l’exemple du Christ qui a tout donné à ceux qu’il aimait, et je pense à ces hommes de bonne volonté qui font des choix en harmonie avec leur être profond, dont la vie a le poids de l’amour, de l’amitié, des relations qu’ils créent gratuitement. Tous ceux-là me rappellent que moi, prêtre célibataire, je ne peux vivre en vieux sanglier solitaire mais que je dois m’inspirer de tels exemples inspirés par l’Esprit du Christ.

Et au terme je reprends ce passage d’une Prière eucharistique qui résume mon espérance : « Père… daigne rassembler un jour les hommes de tout pays et de toute langue, de toute race et de toute culture, au banquet de ton Royaume ; alors nous pourrons célébrer l’unité enfin accomplie et la paix définitivement acquise, par Jésus, le Christ notre Seigneur ».

Père Paul Gouy

 

 

 

 

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